Génétique des populations de maskinongés du fleuve Saint-Laurent, de ses principaux affluents et des lacs du Québec

Quentin Rougemont1, Anne Carrier2, Jeremy Le-luyer3, Anne-Laure Ferchaud1, John M. Farrell4, Daniel Hatin5, Philippe Brodeur6, Louis Bernatchez1

1Département de biologie, Institut de biologie intégrative et des systèmes (IBIS), Université Laval, G1V 0A6, Québec, Canada
2Département de techniques du milieu naturel, Centre d’études collégiales à Chibougamau, Cégep de Saint-Félicien, Chibougamau, G8P 2E9, Canada
3IFREMER, Unité Ressources Marines en Polynésie, Centre Océanologique du Pacifique – Vairao – BP 49 – 98179 Taravao – Tahiti – Polynésie Française
4Department of Environmental and Forest Biology, State University of New York, College of Environmental Science and Forestry, 13210, Syracuse, New York, USA.
5Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Direction de la gestion de la faune de l’Estrie-Montréal-Montérégie-Laval, 201, Place Charles-Le Moyne, Longueuil, Québec, J4K 2T5, Canada
6Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Direction de la gestion de la faune de la Mauricie et du Centre-du-Québec, 100, rue Laviolette, bureau 207, Trois-Rivières, Québec, G9A 5S9, Canada

Introduction

Un grand nombre d’espèces de poissons ont vu leur abondance diminuer en raison notamment des activités humaines, qui peuvent entraîner une entrave au passage des poissons, de la pollution, des pertes d’habitats, de la surexploitation et bien d’autres problématiques. En réaction à ces baisses d’abondance, de nombreux programmes d’ensemencement ont été déployés pour soutenir les populations, dont celles de maskinongés (Esox masquinongy) du Québec. Cette espèce, réputée pour la pêche sportive de gros spécimens, a connu une baisse d’abondance considérable au cours de la première moitié du 20e siècle dans les eaux du fleuve Saint-Laurent et de l’archipel de Montréal. De 1950 à 1997, des maskinongés provenant de plans d’eau ontariens et américains ont été utilisés pour l’ensemencement de plus de 1,5 million d’individus. Ainsi, de 1950 à 1965, des œufs de maskinongé ont été initialement prélevés dans le lac Chautauqua, dans l’État de New York (USA), pour être transférés à la pisciculture de Lachine au Québec, où les alevins ont été élevés avant d’être relâchés dans le fleuve, ses tributaires et certains lacs. De 1965 à 1986, des adultes du lac Joseph ont été utilisés comme source pour les ensemencements. Enfin, de 1986 à 1997, des œufs provenant de la population du lac Tremblant ont été utilisés. Les populations des lacs Joseph et Tremblant sont issus eux-mêmes d’ensemencements à partir du lac Chautauqua (voir l’article de Carrier et collaborateurs  pour obtenir plus de détails sur l’historique des ensemencements).

La gestion optimale du maskinongé passe nécessairement par la délimitation génétique des populations et l’évaluation du degré d’isolement entre elles. L’existence de populations plus ou moins isolées et indépendantes du point de vue de la reproduction doit effectivement être considérée dans les scénarios de conservation et de gestion. De plus, des groupes de poissons génétiquement distincts peuvent développer des adaptations locales si l’environnement diffère, adaptations leur permettant d’optimiser leur reproduction et leur survie dans un type d’habitat donné. Il est donc essentiel de conserver la variation génétique naturelle ancestrale d’une espèce et de s’assurer qu’elle préserve un bagage génétique assez diversifié pour lui permettre de s’adapter aux changements de son environnement. Ces connaissances permettront de définir les unités de gestion de la pêche et de protection et de restauration des habitats. Cela est particulièrement important dans le cas de systèmes ouverts comme le fleuve Saint-Laurent et ses tributaires.

La structure et la diversité génétique des populations de maskinongés n’avaient jamais été étudiées dans le fleuve Saint-Laurent, ses principaux affluents et les lacs des eaux intérieures du Québec. Une étude a donc été réalisée pour : 1) mesurer la structure génétique des populations de maskinongés, 2) mesurer l’effet des ensemencements historiques sur la diversité et la structure génétique des populations et 3) définir les unités territoriales de gestion des populations afin de maintenir une ressource durable pour la pêche.

Échantillonnage et caractérisation génétique

Un total de 662 maskinongés ont été échantillonnés dans 22 sites, pour un nombre approximatif de 24 poissons par site (Figure 1). Ces échantillons ont été principalement obtenus grâce à la précieuse collaboration de guides de pêche professionnels (M. Marc Thorpe, M. Mike Lazarus et M. Michael Philips), de leurs clients-pêcheurs, de pêcheurs sportifs bénévoles et du travail des techniciens de la faune. Un petit prélèvement de tissus de nageoire pelvienne (1 cm²; 100 mg), ensuite préservé dans l’éthanol, a été suffisant pour procéder aux analyses au laboratoire de L. Bernatchez à l’Université Laval. Les poissons ont été remis à l’eau à la suite de la capture.

L’échantillonnage a permis de couvrir les tronçons du fleuve Saint-Laurent distribués entre la région des Mille-Îles et le lac Saint-Pierre, les principaux tributaires du fleuve et certains lacs des eaux intérieures du Québec. Les sources majeures ayant été utilisées pour les ensemencements ont aussi été échantillonnées : 1) les lacs Chautauqua (État de New York) et Pigeon (Ontario), 2) le lac Joseph et 3) le lac Tremblant. Ces deux derniers plans d’eau ont eux-mêmes été ensemencés pour y introduire le maskinongé et ont ensuite été utilisés comme source de géniteurs quelques années plus tard. Le lac Traverse, situé en Mauricie, a également été inclus parmi les plans d’eau étudiés puisqu’il s’agit d’un des rares lacs à maskinongé n’ayant jamais été ensemencé.

En laboratoire, l’ADN de chaque maskinongé a été extrait à partir des petits échantillons de nageoires puis cet ADN a été caractérisé à l’aide d’une technologie de pointe qui permet de lire chacune des variations d’ADN sur une grande portion du génome (génotypage par séquençage). Grâce à cette méthode d’analyse, il a été possible d’identifier un très grand nombre de variations génétiques (polymorphisme nucléotidique simple ou SNP), qui ont pu être comparées d’un individu à l’autre et entre les différents sites échantillonnés. Les mesures de diversité et de structure génétique ont pris en compte plus de 16 000 positions différentes sur les brins d’ADN de chacun des maskinongés analysés.

Figure 1 - Localisation des sites d’échantillonnage.
Figure 1 – Localisation des sites d’échantillonnage.

Structure génétique des populations

Les analyses de diversité génétique ont révélé un niveau modéré de diversité en comparaison avec d’autres espèces de poissons qui ont été étudiées avec des méthodes semblables. La taille efficace des populations, estimée à partir des outils génétiques, correspond au nombre de géniteurs se reproduisant efficacement, transmettant ainsi leur bagage génétique à leur progéniture. En général, le nombre total de poissons compris dans une population peut être de 10 à 100 fois plus élevé que le nombre d’individus efficaces. La taille efficace des populations s’est en général avérée relativement faible, en particulier dans les lacs isolés. Pour le fleuve Saint-Laurent, la taille efficace a été estimée à 669 individus pour l’ensemble des sites regroupés. Cette valeur est considérée comme modérée comparativement à ce qui est observé chez d’autres espèces, mais reflète les caractéristiques particulières du cycle de vie du maskinongé (longévité élevée, position supérieure dans la chaîne alimentaire, comportement solitaire et territorial) et sa densité de population typiquement faible. Ces constats soulignent la vulnérabilité de cette espèce et l’importance d’appliquer des mesures de protection particulières pour en assurer la pérennité.

Les mesures de différenciation et de structure génétique suggèrent l’existence de huit groupes génétiquement distincts dans le système à l’étude. Le premier groupe comprend les maskinongés utilisés comme source d’ensemencement et les sites directement dérivés de ceux-ci, c’est-à-dire les lacs Chautauqua, Joseph, Tremblant, Frontière et Maskinongé ainsi que les rivières Chaudière et Saint-Maurice. Cela confirme l’origine commune des maskinongés de ces plans d’eau, tous dérivés de la source du lac Chautauqua, situé dans l’État de New York. Pour les rivières Chaudière et Saint-Maurice, nos résultats suggèrent que le maskinongé y était faiblement représenté initialement et que les ensemencements auraient permis l’établissement de populations pérennes. Le second groupe correspond à la rivière de l’Achigan et le troisième groupe à la rivière Yamaska, qui se distinguent du fleuve Saint-Laurent. Le quatrième groupe se compose de l’ensemble des sites du Saint-Laurent depuis les Mille-Îles jusqu’au lac Saint-Pierre. Le cinquième groupe correspond au lac des Deux-Montagnes, qui s’est avéré génétiquement distinct des maskinongés du fleuve Saint-Laurent. Fait à noter, les maskinongés du lac des Deux-Montagnes montrent, dans une certaine proportion, des migrations vers le lac Saint-Louis. Ces individus migrateurs ont en majorité (83%) été retrouvés sur la rive nord du lac Saint-Louis, qui est alimenté par les eaux provenant de la rivière des Outaouais. Le sixième groupe est composé des lacs isolés n’ayant fait l’objet d’aucun ensemencement, représenté dans la présente étude par le lac Traverse. Ce plan d’eau présente une structure génétique unique qu’il convient de préserver. Le septième groupe correspond au lac Pigeon (qui fait partie du système des lacs Kawartha en Ontario), ayant servi aux ensemencements dans une moindre mesure que les autres plans d’eau, et enfin le huitième groupe correspond au lac Champlain.

Dans le fleuve Saint-Laurent, bien qu’il s’agisse d’une seule population, plus la distance géographique entre les lieux de capture de deux individus est grande, plus la différenciation génétique entre eux est importante. Ce patron est une conséquence de la dispersion géographiquement réduite des individus à l’échelle de l’ensemble du Saint-Laurent. De plus, la variation génétique observée dans le fleuve Saint-Laurent est continue, c’est-à-dire qu’il n’y existe pas de réels groupes génétiques fortement différenciés. Cela suggère que la dispersion peut se faire librement de l’amont vers l’aval bien qu’elle soit évidemment réduite vers l’amont par la présence de deux obstacles majeurs sur le Saint-Laurent, soit les barrages Beauharnois et Moses-Saunders.

Figure 2 - Histogramme présentant le pourcentage d’appartenance de chaque individu aux différents groupes génétiques. Chaque barre verticale correspond à un individu échantillonné dans un plan d’eau et représente son degré d’appartenance (ou de mélange) à un groupe donné. Chaque couleur représente un groupe génétiquement distinct. À titre d’exemple, on remarque la très grande similitude génétique entre les individus des lacs Frontière, Joseph et Tremblant (FRO, JOS et TRE respectivement), qui ont tous été ensemencés à partir de la source du lac Chautauqua (CHQ). Inversement, on remarque la grande différence génétique entre les maskinongés du lac Traverse (TRA) et ceux de tous les autres plans d’eau. Points orange : source d’individus utilisés pour les ensemencements. Points verts : lacs et rivières où le maskinongé était absent ou peu abondant avant les ensemencements. Points bleus : tronçons du fleuve Saint-Laurent et lac des Deux-Montagnes. Pour la signification des abréviations, voir la Figure 1.
Figure 2 – Histogramme présentant le pourcentage d’appartenance de chaque individu aux différents groupes génétiques. Chaque barre verticale correspond à un individu échantillonné dans un plan d’eau et représente son degré d’appartenance (ou de mélange) à un groupe donné. Chaque couleur représente un groupe génétiquement distinct. À titre d’exemple, on remarque la très grande similitude génétique entre les individus des lacs Frontière, Joseph et Tremblant (FRO, JOS et TRE respectivement), qui ont tous été ensemencés à partir de la source du lac Chautauqua (CHQ). Inversement, on remarque la grande différence génétique entre les maskinongés du lac Traverse (TRA) et ceux de tous les autres plans d’eau. Points orange : source d’individus utilisés pour les ensemencements. Points verts : lacs et rivières où le maskinongé était absent ou peu abondant avant les ensemencements. Points bleus : tronçons du fleuve Saint-Laurent et lac des Deux-Montagnes. Pour la signification des abréviations, voir la Figure 1.

Effet des ensemencements

L’analyse fine des patrons de mélange génétique permet d’estimer l’effet des ensemencements sur la structure génétique des populations (Figure 2). Cette analyse a révélé que les ensemencements n’ont eu que très peu d’effets sur l’intégrité génétique des populations sauvages dans le fleuve Saint-Laurent. On y a mesuré peu de mélanges génétiques impliquant les souches des lacs Chautauqua, Joseph ou Tremblant, utilisés comme populations sources. À l’inverse, on observe des évidences de mélange génétique dans certains affluents du Saint-Laurent, et ce, malgré le fait qu’ils aient, dans la plupart des cas, reçu des quantités plus faibles de poissons ensemencés que le fleuve. C’est le cas pour les rivières Saint-Maurice et Chaudière ainsi que pour le lac Maskinongé où l’on constate un mélange des bagages génétiques local (représenté en noir – Figure 2) et introduit (représenté en vert – Figure 2). L’hypothèse principale susceptible d’expliquer ce patron est que les ensemencements ont eu des effets variables en fonction de la taille initiale des populations. En règle générale, on s’attend à ce que l’ensemencement par des individus issus de groupes génétiques différents, dans le cas présent des individus de lacs éloignés (différences climatiques et de types d’habitats), soit potentiellement inefficace en raison du manque d’adaptation des individus ensemencés aux conditions locales. Il est donc possible que les individus ensemencés dans le Saint-Laurent aient eu un faible succès reproducteur et/ou que les hybrides issus de la reproduction aient été peu adaptés aux conditions locales, montrant ultimement un faible taux de survie. Ainsi, il est possible que les maskinongés non indigènes aient été supplantés dans le fleuve Saint-Laurent, qui possédait potentiellement une plus grande taille de population que les lacs isolés ou les tributaires.

Incidences sur la gestion

Nos résultats indiquent que, d’un point de vue génétique, l’ensemble du fleuve Saint-Laurent, depuis la région des Mille-Îles jusqu’au lac Saint-Pierre, peut être considéré comme une seule entité au sein de laquelle la différenciation génétique des individus augmente faiblement en fonction de la distance qui les sépare. Ainsi, une seule unité de gestion serait suffisante sur le Saint-Laurent pour assurer le maintien de la diversité génétique dans ce système. Bien entendu, les populations qui sont isolées par des obstacles infranchissables devraient toutefois être gérées localement. C’est notamment le cas du lac Saint-François, enclavé par des barrages en amont (Moses-Saunders) et en aval (Beauharnois). La seconde unité de gestion comprend le lac des Deux-Montagnes, qui se distingue nettement de la population du fleuve Saint-Laurent. Le troisième groupe est constitué des affluents du fleuve Saint-Laurent, chacun représentant une unité distincte. Des nuances doivent toutefois être apportées en fonction de l’abondante du maskinongé à l’état naturel. Ainsi, les rivières de l’Achigan et Yamaska ne portent que peu de traces d’hybridation avec des poissons ensemencés alors que les rivières Chaudière et Saint-Maurice ont un profil de mélange génétique plus prononcé avec les sources d’ensemencement. Le quatrième groupe se compose des lacs ensemencés directement à partir du lac Chautauqua (lacs Joseph, Tremblant et Frontière) et partagent une similarité génétique forte avec ce dernier. Le cinquième groupe comprend les lacs dans lesquels le maskinongé était initialement présent (lacs Maskinongé et Champlain) et qui présentent des traces de mélange relativement modestes. Enfin, le lac Traverse représente l’une des rares, sinon la seule population naturelle non ensemencée au Québec et qui présente une composition génétique unique.

En conclusion, dans les systèmes précédemment non occupés par le maskinongé ou avec une très faible densité d’individus, les ensemencements ont permis le maintien à long terme des populations locales et ont ainsi contribué à mettre en valeur les activités de pêche sportive. Bien que les ensemencements aient temporairement contribué au recrutement de l’espèce et au maintien de l’offre de pêche dans la portion du fleuve Saint-Laurent situé dans la région de Montréal (voir l’article de Carrier et collaborateurs dans le présent numéro), ils ne semblent pas avoir été fructueux à long terme, possiblement en raison de la mauvaise adaptation des individus ensemencés aux conditions particulières d’un grand fleuve comme le Saint-Laurent. Lors d’une prochaine sortie de pêche, par exemple sur le fleuve Saint-Laurent ou le lac des Deux-Montagnes, il sera possible d’affirmer pêcher vraisemblablement des poissons indigènes d’origine locale. Nous recommandons d’éviter les ensemencements futurs sans une connaissance détaillée de l’abondance des stocks, de leur diversité et de la structure génétique ainsi que des échanges entre elles. La priorité devrait être accordée aux actions visant la protection et la restauration écologique des milieux aquatiques afin de permettre d’optimiser le succès de la reproduction naturelle.

Remerciements

Nous tenons à souligner l’implication des pêcheurs de maskinongés du Québec qui ont participé à la collecte d’échantillons, notamment celle de MM. Marc Thorpe, Mike Lazarus et Michael Phillips. Nous remercions M. Christopher Legard (New York State Department of Environmental Conservation) pour l’échantillonnage de spécimens du lac Chautauqua, M. Samuel Cartier pour le lac Champlain et M. Chris Wilson (Aquatic Research and Monitoring Section, Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry) pour le lac Pigeon. Merci à M. Christopher Wilson (Fish Culture Section, Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry) pour avoir partagé ses connaissances sur l’histoire des stations piscicoles et des ensemencements. Merci à M. Shawn Good (Vermont Fish & Wildlife Department) et à M. Jeffrey J. Loukmas (New York State Department of Environmental Conservation) pour avoir partagé leurs données sur l’historique de la gestion et des ensemencements au lac Champlain. Des remerciements particuliers vont également à M. Nicolas Auclair, M. Florent Archambault, M. Rémi Bacon, M. Christian Beaudoin, Mme Anabel Carrier, Mme Chantal Côté, Mme Julie Deschesnes, M. François Girard, M. Guillaume Lemieux, Mme Louise Nadon, M. Yves Paradis, Mme Geneviève Richard et Mme Éliane Valiquette pour leur contribution à la planification du projet et aux travaux de laboratoire et de terrain. Ce projet a été rendu possible grâce au financement du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, de la Chaire de Recherche du Canada en Génomique et Conservation des Ressources aquatiques, de la Fondation héritage faune (Fédération québécoise des Chasseurs et pêcheurs), de Ressources Aquatiques Québec et de Muskies Inc.

Identification des habitats essentiels du maskinongé au lac Saint-Pierre

Photo : MFFP

Introduction

Le présent projet s’inscrit dans une démarche entreprise depuis 2010 par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) du Québec et ses nombreux partenaires afin de mettre à jour les connaissances sur le maskinongé et d’en optimiser la gestion. Pour faire le point sur l’état actuel de la pêche au maskinongé dans le fleuve Saint-Laurent et dans le lac des Deux-Montagnes, un suivi des captures a été réalisé de 2010 à 2013, avec la collaboration de trois guides de pêche professionnels. Dans le tronçon du fleuve situé entre Montréal et Sorel ainsi qu’au lac Saint-Pierre, la plus faible abondance de jeunes spécimens récoltés par les pêcheurs sportifs suggère que le recrutement de jeunes maskinongés est plus faible dans ces deux plans d’eau, comparativement au lac Saint-Louis et au lac des Deux-Montagnes (voir Carrier et collaborateurs dans le présent numéro pour obtenir plus de détails).

Certaines activités anthropiques ont des répercussions négatives sur l’écosystème du Saint-Laurent. Elles se sont récemment traduites par une détérioration des habitats aquatiques, notamment au lac Saint-Pierre. Près de 5 000 ha d’habitats de reproduction, d’alevinage et de croissance des poissons dans la plaine d’inondation ont été modifiés en raison de l’intensification des pratiques agricoles, au cours des trois dernières décennies (de la Chenelière et coll. 2014). La disparition de vastes superficies d’herbiers aquatiques depuis le milieu des années 2000 (Figure 1; Magnan et coll. 2017) et la prolifération de cyanobactéries benthiques, qui se développent sur le fond du lac Saint-Pierre (Hudon et coll. 2012), ont également été documentées. Ces herbiers correspondent à des habitats de croissance et à des refuges pour plusieurs espèces de poissons. Cette situation soulève des questions fondamentales par rapport aux effets potentiels des pertes d’habitats sur les populations de grands prédateurs comme le maskinongé. De surcroît, les habitats essentiels de reproduction et de croissance des juvéniles du maskinongé n’ont jamais été identifiés au lac Saint-Pierre, ce qui limite notre capacité à bien orienter les efforts de protection et de restauration d’habitats visant spécifiquement cette espèce. Une étude a donc été mise sur pied pour suivre les déplacements de maskinongés adultes en période de reproduction et de croissance, pour déterminer les caractéristiques d’habitats sélectionnées par les poissons et pour localiser les zones de reproduction et de croissance des juvéniles.

Figure 1 - Abondance et distribution de la végétation aquatique submergée au lac Saint-Pierre, de 2002 à 2016 (tiré de Magnan et coll. 2017).
Figure 1 – Abondance et distribution de la végétation aquatique submergée au lac Saint-Pierre, de 2002 à 2016 (tiré de Magnan et coll. 2017).

Méthodologie

Figure 2 - Émetteur radio (photo du bas) et émetteur acoustique (photo du haut) utilisés pour le marquage des maskinongés. Photo : MFFP.
Figure 2 – Émetteur radio (photo du bas) et émetteur acoustique (photo du haut) utilisés pour le marquage des maskinongés. Photo : MFFP.

L’identification des patrons de déplacement et la localisation précise des maskinongés ont été rendues possibles grâce à l’utilisation des technologies de pointe en télémétrie. Deux types d’émetteurs ont été insérés dans l’abdomen des poissons : un émetteur acoustique, qui est détecté par des récepteurs fixes installés à des endroits stratégiques dans le fleuve Saint-Laurent et ses tributaires (Figure 2) et un émetteur radio muni d’une antenne externe visible sur la portion ventrale du poisson, ce qui permet une localisation précise des spécimens à l’aide d’un récepteur mobile, soit par survol aérien ou par bateau (Figure 3). Au printemps 2017 et au printemps 2018, un total d’environ 80 récepteurs fixes ont été déposés annuellement près du fond de l’eau entre Montréal et le secteur de Gentilly (Figure 4). Ces récepteurs, récupérés à la fin de chaque automne, enregistrent en continu le passage des poissons marqués. Le numéro de l’individu, la date et l’heure de passage sont ensuite extraits et utilisés à des fins d’analyse des déplacements.

Figure 3 - Récepteur radio mobile (photo de gauche) et récepteur acoustique fixe (photo de droite) utilisés pour la détection des maskinongés. Crédit : MFFP.
Figure 3 – Récepteur radio mobile (photo de gauche) et récepteur acoustique fixe (photo de droite) utilisés pour la détection des maskinongés. Crédit : MFFP.

Ces informations nous renseignent sur l’utilisation des habitats et le temps de résidence des maskinongés dans les différents tronçons du fleuve Saint-Laurent et de ses tributaires. Elles permettent également de définir les périodes et les patrons de migration saisonnière de l’espèce. De façon complémentaire, les localisations précises et en temps réel des poissons par télémétrie radio nous fournissent des renseignements sur la localisation et les caractéristiques des sites de rassemblement des adultes en période de reproduction printanière et durant la croissance estivale et automnale.

Figure 4 - Localisation des récepteurs acoustiques fixes ayant servi à mesurer le passage de maskinongés marqués au lac Saint-Pierre en 2018. Les stations installées entre Gentilly et Québec, soit à la droite de la présente carte n’ont pas été représentées.
Figure 4 – Localisation des récepteurs acoustiques fixes ayant servi à mesurer le passage de maskinongés marqués au lac Saint-Pierre en 2018. Les stations installées entre Gentilly et Québec, soit à la droite de la présente carte n’ont pas été représentées.

Résultats préliminaires

Un total de 21 maskinongés ont été capturés à la pêche sportive par les techniciens de la faune du MFFP et grâce à la précieuse collaboration de pêcheurs professionnels, M. Mike Lazarus et M. Marc Thorpe. Au moyen d’une chirurgie, les poissons ont été munis d’émetteurs au cours de l’automne 2016 et de l’automne 2017. La taille des spécimens, composés de mâles et de femelles adultes, variait de 38 à 52 pouces (Figure 5). Les travaux d’implantation des émetteurs menés par les techniciens de la faune du MFFP se sont très bien déroulés. Tous les maskinongés ont été repérés à au moins une occasion, soit 6 à 18 mois environ après avoir été marqués, ce qui indique que l’ensemble des individus ont survécu après la chirurgie.

Dix individus marqués à l’automne 2016 ont été suivis en bateau et par survol aérien entre le 25 avril et le 24 mai 2017. Au cours de cette période, qui inclut la migration vers les sites de reproduction et les activités de fraye, 112 localisations précises d’individus marqués ont été notées. L’habitat sélectionné par chaque individu a également été caractérisé (végétation, substrat, température, vitesse du courant, teneur en oxygène, profondeur, etc.). Les localisations enregistrées au printemps 2017 ont montré que l’ensemble des maskinongés marqués au lac Saint-Pierre au cours de l’automne précédent utilisaient le secteur du lac Saint-Pierre pour se reproduire. Les données ont révélé que 38 % des individus repérés par télémétrie radio ont utilisé des tributaires du lac Saint-Pierre en période de reproduction (avril-mai). Des spécimens ont été localisés dans les rivières du Loup, Saint-François, Nicolet ainsi que dans le chenal Tardif (branche de la rivière Saint-François). Après la reproduction, ces individus ont effectué une migration vers des habitats d’alimentation situés dans le fleuve Saint-Laurent. Le reste des individus ont utilisé des baies du lac Saint-Pierre en période de fraye. En période printanière, les maskinongés se trouvaient à des profondeurs variant de 0,6 à 8,2 m (moyenne : 3,1 m), dans des zones de faible vitesse du courant, en majorité sous 0,1 m/s. Dans la majorité des cas, les maskinongés se trouvaient dans des habitats qui présentaient une végétation submergée d’abondance modérée à élevée.

L’analyse des déplacements observés en 2017, basée sur les données enregistrées par plusieurs dizaines de récepteurs fixes, a montré qu’après la période de reproduction, la majorité des poissons marqués à l’automne 2016 au lac Saint-Pierre ont séjourné dans ce plan d’eau au cours de l’été et de l’automne 2017. Toutefois, en période d’alimentation et de croissance estivale, 60 % des individus ont effectué des migrations à grande échelle vers le tronçon du fleuve situé entre Montréal et Sorel, certains atteignant même les stations situées près du pont Jacques-Cartier, à Montréal.

Afin de suivre les déplacements des 21 individus marqués, les travaux de suivi télémétrique se poursuivront en 2018 et en 2019. L’ensemble des résultats recueillis au cours du présent projet permettra d’identifier et de cartographier les habitats préférentiels du maskinongé, notamment les sites de reproduction, qui pourront ensuite être protégés ou restaurés au besoin. Les résultats préliminaires de 2017 soulignent déjà le rôle des marais peu profonds du lac Saint-Pierre et de certains de ses tributaires pour la reproduction de l’espèce. Il sera important de valider ce constat au cours des prochaines années, d’estimer le rôle que jouent ces divers secteurs dans le recrutement de l’espèce et d’évaluer l’état de santé des habitats qu’on y trouve. De plus, les migrations sur de grandes distances rapportées en 2017 soulignent que la gestion du maskinongé et de ses habitats doit se faire minimalement à l’échelle de l’ensemble du tronçon fluvial étudié, incluant la portion en aval des tributaires. Ce constat est appuyé par les résultats de la structure génétique des populations du fleuve, qui ont démontré l’homogénéité du bagage génétique de la population de maskinongé dans le tronçon situé entre le lac Saint-Louis et le lac Saint-Pierre (voir Rougemont et collaborateurs dans le présent numéro pour les détails sur la génétique des populations).

Figure 5 - Distribution en taille des maskinongés marqués au lac Saint-Pierre.
Figure 5 – Distribution en taille des maskinongés marqués au lac Saint-Pierre.

Mise en garde aux pêcheurs

Si vous capturez un maskinongé marqué, vous devez le relâcher après avoir pris en note le numéro du poisson et le numéro de téléphone inscrits sur l’étiquette située à la base de la nageoire dorsale (il est souvent nécessaire de gratter la surface de l’étiquette pour bien voir les numéros qui y sont inscrits). Attention, il est primordial d’éviter de sortir le spécimen de l’eau et de limiter le temps de manipulation. D’ailleurs, ces conseils s’appliquent à l’ensemble des captures de maskinongés, qu’ils soient marqués ou non. Contactez ensuite un biologiste du MFFP au numéro inscrit sur l’étiquette externe afin de lui fournir la date, le lieu de capture et, si possible, des photos de la partie ventrale du poisson.

Remerciements

Nous tenons à remercier tous les partenaires qui ont participé au financement et à la réalisation des travaux de télémétrie. Un merci tout particulier aux pêcheurs professionnels, M. Mike Lazarus et M. Marc Thorpe, pour leur soutien lors du développement de l’étude et pour leur participation à la capture des spécimens. Merci également à M. Florent Archambault, M. Nicolas Auclair, M. Rémi Bacon, Mme Virginie Boivin, Mme Chantal Côté, M. Charles-Étienne Gagnon, M. Guillaume Lemieux, M. Yves Paradis et M. René Perreault pour leur soutien logistique et pour tous les efforts déployés sur le terrain. Le projet est rendu possible grâce à la collaboration et au soutien financier du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, du Comité ZIP du lac Saint-Pierre, de Muskies Canada, de la Fondation de la faune du Québec, du Groupe Thomas marine, de la Fondation héritage faune (Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs) et certains donateurs privés.

Références

De la Chenelière, V., P. Brodeur et M. Mingelbier (2014). Restauration des habitats du lac Saint-Pierre : un prérequis au rétablissement de la perchaude. Le Naturaliste canadien. 138 (2) : 50-61.

Hudon, C., A. Cattaneo, A.-M. Tourville Poirier, P. Brodeur, P. Dumont, Y. Mailhot, Y.-P. Amyot, S.-P. Despatie and Y. De Lafontaine (2012). Oligotrophication from wetland epuration alters the riverine trophic network and carrying capacity for fish. Aquatic Sciences. 74 : 495-511.

Magnan, P., P. Brodeur, É. Paquin, N. Vachon, Y. Paradis, P. Dumont et Y. Mailhot (2017). État du stock de perchaudes du lac Saint-Pierre en 2016. Comité scientifique sur la gestion de la perchaude du lac Saint-Pierre. Chaire de recherche du Canada en écologie des eaux douces, Université du Québec à Trois-Rivières et ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. vii + 34 pages + annexes.

Le maskinongé au Québec : deux siècles d’histoire de pêche et de gestion

Gustave Provost, directeur de la station piscicole de Lachine en 1962. Gustave Prévost, director of the Muskellunge hatchery in 1962. Crédit : MFFP.

Anne Carrier ¹ ², Philippe Brodeur³, Daniel Hatin⁴ et Louis Bernatchez¹
¹Département de biologie, Institut de Biologie Intégrative et des Systèmes (IBIS), Université Laval, G1V 0A6, Québec, Canada
²Département de Techniques du milieu naturel, Centre d’études collégiales à Chibougamau, Cégep de Saint-Félicien, Chibougamau, G8P 2E9, Canada
³Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Direction de la gestion de la faune de la Mauricie et du Centre-du-Québec, 100, rue Laviolette, bureau 207, Trois-Rivières, G9A 5S9, Canada
⁴Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Direction de la gestion de la faune de l’Estrie-Montréal- Montérégie-Laval, 201, Place Charles-LeMoyne, Longueuil, Québec, J4K 2T5, Canada

Le maskinongé est l’une des espèces de poissons les plus mythiques et impressionnantes. Au cours des deux derniers siècles, les biologistes ainsi que les pêcheurs de maskinongé ont documenté plusieurs aspects fascinants de sa biologie. À titre d’exemples, mentionnons la taille impressionnante qu’atteint cette espèce (Bernatchez et Giroux 2012), ses capacités de déplacement hors du commun (Kerr et Jones 2017) ou encore son comportement parfois surprenant (Crossman 1990, Jennings et coll. 2011). L’histoire entourant le maskinongé est fascinante, comme en témoigne l’origine de son nom et l’historique de sa gestion, qui révèlent l’importance particulière de l’espèce au Québec.

Le présent article a pour objectif de dresser un survol historique non exhaustif de quelques-uns des aspects les plus marquants de la gestion du maskinongé au Québec. On y aborde notamment certaines mentions historiques concernant la nomenclature et la taxonomie du maskinongé, sa répartition spatiale originale et contemporaine ainsi que l’historique des ensemencements. Cette synthèse est issue d’un travail réalisé dans le cadre d’un mémoire de maîtrise, qui visait d’abord à réunir les informations historiques disponibles pouvant soutenir l’interprétation de données génétiques sur le maskinongé dans les eaux québécoises (voir l’article de Rougemont et collaborateurs dans le présent numéro).

Taxonomie et folklore québécois

À l’époque de la colonisation de la Nouvelle-France, des documents d’archives de la Société Provancher mentionnent que le premier vice-roi de France, le Sieur Jean-François de La Rocque de Roberval, utilisait le bassin de la rivière Maskinongé comme territoire de pêche. À l’époque, le maskinongé était une espèce bien connue des populations autochtones, comme en témoignent les multiples racines amérindiennes présumées du nom de l’espèce, qui signifierait gros brochet, brochet laid ou brochet tacheté (Crossman 1986, MacCaughey 1917). Progressivement, ces appellations auraient dérivé pour devenir « masque long » ou « masque allongé » en français québécois. Aujourd’hui, les deux appellations généralement acceptées sont « maskinongé », au Canada, et « Muskellunge », aux États-Unis, mais on répertorie entre 40 et 94 noms communs en français seulement (voir Mellen 1917, Chambers 1923, Weed 1927 et Crossman 1986 pour un inventaire exhaustif des différents noms et de leur origine). Comme le mentionne Crossman (1986), aucun autre poisson n’a probablement autant de versions ou de façon d’orthographier son nom commun dans une seule langue. Selon Weed (1927), la quantité de noms communs d’une espèce reflète généralement l’attrait des gens pour celle-ci. Cela explique en partie cette nomenclature diversifiée et floue, mais comme Mongeau (1976) le souligne, cette confusion d’un point de vue taxonomique vient aussi certainement de sa grande ressemblance avec le grand brochet (Esox lucius) et du fait qu’il a été reconnu assez tardivement comme une espèce différente de son cousin.

Pêche commerciale et répartition naturelle au 19e siècle

Comme la nomenclature de l’espèce a été très variable jusqu’au début du 20e siècle, il est très difficile d’interpréter les observations quant à la répartition du maskinongé avant les années 1900. Au 19e siècle, le maskinongé était une espèce de prédilection pour les pêcheries autochtones et allochtones et, en raison de la qualité de sa chair et de sa taille imposante, il a contribué à une pêcherie commerciale importante au Québec. Bien qu’aujourd’hui les avis soient mitigés à propos du goût de la chair du maskinongé, le naturaliste Constantine Rafinesque mentionnait en 1818 que « c’est l’un des meilleurs poissons (…) sa chair est très délicate et se divise facilement, comme celle du saumon, en grandes plaques blanches comme la neige » (MacCaughey 1917). Selon les registres historiques des autorités de gestion des pêcheries du Canada (Crossman 1986), près de 2,9 millions de livres, représentant approximativement 192 535 maskinongés, ont été récoltées à la pêche commerciale au Québec de 1868 à 1936. Les prises commerciales de maskinongés dans les eaux de la région de Montréal représentaient 90 % des débarquements de cette espèce dans l’ensemble de la province (Fry et coll. 1942). La pêche commerciale du maskinongé a cessé en 1936.

Les textes historiques consultés suggèrent que le maskinongé, à l’état naturel, ne se trouvait que dans le sud du Québec. Sa répartition se limitait vraisemblablement aux eaux du bassin versant du fleuve Saint-Laurent et de certains de ses affluents, de la rivière des Outaouais jusqu’à Québec (Small 1883, Dymond 1939, Vézina 1977). Les limites nord et sud de la répartition de l’espèce ne sont que très peu définies. Selon les informations dont on dispose à ce sujet, à la fin du 19e siècle, on trouvait du maskinongé à l’état naturel, de la frontière sud de la province (incluant le lac Champlain et le bassin versant de la rivière Richelieu) jusqu’au nord-ouest de l’Outaouais, des Laurentides, de Lanaudière et de la Mauricie (Dymond 1939). Plus précisément, Dymond (1939), Small (1883), Halkett (1906 et 1907) et Montpetit (1897) mentionnent que le maskinongé était présent (1) dans la rivière Rideau au nord de Merrickville (Outaouais, Québec), (2) dans la rivière des Outaouais au sud de Rapides des Joachim (MRC de Pontiac, Outaouais, Québec), au sud de la rivière Petawawa et jusqu’au lac Travers (parc provincial Algonquin, Ontario) et (3) dans plusieurs lacs connectés aux rivières Gatineau et du Lièvre, dont les lacs Gilmour, Donaldson et Plumbago (MRC des Collines-de-l’Outaouais, Outaouais, Québec). De plus, quelques populations isolées ont été découvertes en 1968 à la suite du démantèlement des clubs de pêche de la région de la Mauricie, plus précisément dans le bassin de la rivière des Envies, tributaire de la rivière Batiscan, et dont fait partie le lac Traverse (Potvin 1973, Pageau et coll. 1978) analysé dans l’étude génétique de Rougemont et collaborateurs (voir l’article dans le présent numéro). Enfin, selon l’interprétation de Fry et collaborateurs (1942), cité par Robitaille et Cotton (1992), la population naturelle la plus importante au Québec aurait été celle du lac Saint-Louis, un lac fluvial du fleuve Saint-Laurent.

Période de gestion active

Les ensemencements

Gustave Provost, directeur de la station piscicole de Lachine en 1962. Gustave Prévost, director of the Muskellunge hatchery in 1962. Crédit : MFFP.
Gustave Prévost, directeur de la station piscicole de Lachine en 1962.  Photo : MFFP.

Le maskinongé figure parmi les espèces de poissons qui ont été les plus ensemencées au Québec (Dumont 1991). Avant 1950, peu d’ensemencements de maskinongés sur le territoire québécois ont été répertoriés dans la littérature (MacCaughey 1917, Dymond 1939, Small 1883, Halkett 1906 et 1907). À la fin de la première moitié du 20e siècle, une baisse importante des populations de maskinongés dans les eaux du fleuve Saint-Laurent et de l’archipel de Montréal, associée à la surpêche et à la détérioration de ses habitats, a semé beaucoup d’inquiétude. Les autorités de gestion de la faune de l’époque ont alors entrepris un vaste projet de restauration, incluant la construction d’une pisciculture de maskinongés à Lachine (arrondissement de la Ville de Montréal, Québec) (Photos 1 à 3) ainsi que le développement d’une expertise locale d’élevage d’ésocidés (Vézina 1977). En 1950, ces actions ont permis d’entreprendre des ensemencements de soutien. En 1985, ces derniers ont été adaptés aux connaissances contemporaines. Ils se sont ensuite poursuivis jusqu’en 1997. Durant la même période, l’espèce a également été introduite, avec ou sans succès, dans plus de 80 plans d’eau québécois afin de créer de nouvelles opportunités et de mettre en valeur la pêche au maskinongé (Vézina 1977, Dumont 1991, Vincent et Legendre 1974, Brodeur et coll. 2013, de la Fontaine, Y. non publié). Dans quelques rares cas, l’introduction du maskinongé a été utilisée pour tenter de contrôler les espèces compétitrices dans des lacs à omble de fontaine. Ces pratiques d’introduction d’un prédateur de haut niveau dans la chaîne alimentaire ont évidemment eu des répercussions sur les communautés de poissons.

Photo 2 - Station piscicole de Lachine (1950-1964). Photo : MFFP.
Photo 2 – Station piscicole de Lachine (1950-1964). Photo : MFFP.

L’élevage du maskinongé au Québec a débuté à la pisciculture de Lachine, en 1950. En raison de problèmes d’approvisionnement en eau, l’élevage a été transféré en 1964 à la pisciculture de Baldwin Mills, située en Estrie (connue aujourd’hui sous le nom de la station piscicole provinciale de Baldwin-Coaticook) (Dumont 1991). À la suite de quelques tentatives infructueuses visant la reproduction artificielle des maskinongés issus des lacs des Deux-Montagnes (région de Montréal), Gilmour, Donaldson et Plumbago (Outaouais) (MPC 1961, Vézina 1977, Crossman et Goodchild 1978), des œufs embryonnés ont été importés de la pisciculture de Bemus Point (New York, États-Unis) et, dans une moindre mesure, de la pisciculture de Deer Lake (Ontario, Canada) pour amorcer la production (Kerr 2001, Dufour et Paulhus 1977, Christopher Wilson et Christopher Legard, communication personnelle). Les maskinongés élevés dans ces deux stations piscicoles provenaient respectivement du lac Chautauqua (New York, États-Unis) et des lacs Stony et Buckhorn ainsi que de la rivière Crowe, faisant tous partie du système des lacs Kawartha en Ontario. Selon les informations recueillies, il semblerait que tous les lacs utilisés par ces piscicultures aient été ensemencés avec des maskinongés de source inconnue, eux-mêmes élevés en pisciculture, afin de soutenir leur offre de pêche respective (Christopher Wilson et Christopher Legard, communication personnelle). Les deux piscicultures, tout comme celle de Lachine, ne sont plus en activité aujourd’hui.

Photo 3 - Camion de transport de poissons de la pisciculture de Lachine. Photo : MFFP.
Photo 3 – Camion de transport de
poissons de la pisciculture de Lachine.
Photo : MFFP.

De 1965 à 1986, le lac Joseph (Centre-du-Québec, Québec) a été utilisé pour la capture de géniteurs visant à approvisionner la station piscicole de Baldwin Mills (Dumont 1991). Par la suite, de 1986 à 1997, la population du lac Tremblant (Laurentides, Québec) a servi de source. À l’origine, le maskinongé a été introduit dans ces deux lacs à partir des sources américaines ou ontariennes (voir Figure 1, schéma de l’historique des ensemencements connus à ce jour). Les résultats de l’étude génétique ont confirmé que la source américaine est la plus probable.

Les ensemencements de soutien, effectués durant plusieurs décennies dans la région de Montréal, se sont révélés efficaces pour améliorer l’état des stocks et maintenir l’activité de pêche sportive au maskinongé. En effet, une analyse de l’ampleur du recrutement mesuré durant la période de 1962 à 1977 a révélé que 55 % de la variation annuelle de l’abondance des jeunes maskinongés pouvait s’expliquer par le nombre de maskinongés ensemencés au cours de l’année et par l’abondance des jeunes maskinongés de l’année précédente (effet de cannibalisme et/ou de compétition) (Dumont 1991).

L’amélioration de la structure des populations de maskinongés étalée sur une longue période et la présence d’un recrutement naturel ont justifié l’arrêt des ensemencements en 1998 (Cloutier 1987, Dumont 1991). Depuis, aucun ensemencement de maskinongé n’a été effectué au Québec.

Figure 1 - Représentation simplifiée des ensemencements historiques du fleuve Saint-Laurent et de quelques lacs des eaux intérieures du Québec. Les flèches représentent les évènements d’ensemencement à partir de différentes populations sources. Les flèches pleines indiquent des mentions claires d’ensemencement, alors que les flèches pointillées représentent des mentions anecdotiques.
Figure 1 – Représentation simplifiée des ensemencements historiques du fleuve Saint-Laurent et de quelques lacs des eaux intérieures du Québec. Les flèches représentent les évènements d’ensemencement à partir de différentes populations sources. Les flèches pleines indiquent des mentions claires d’ensemencement, alors que les flèches pointillées représentent des mentions anecdotiques.

Intégration de la science collaborative à la gestion du maskinongé

Parallèlement aux mesures de gestion entreprises par le gouvernement, une réflexion sur les pratiques de pêche et un intérêt grandissant pour la conservation d’une pêcherie de qualité axée sur la pêche de spécimens de taille trophée ont émergé, menant à la création de Muskies Canada (Wachelka 2008 a,b,c) et à la naissance d’une longue collaboration entre les pêcheurs et les autorités de gestion de la faune du Québec. Le maskinongé est très peu vulnérable à la capture par les engins de pêche scientifiques utilisés pour le suivi des communautés de poissons. Le suivi de la récolte sportive de maskinongés par l’entremise d’enquêtes de pêche constitue donc une excellente solution pour contribuer à sa gestion et pour permettre l’évaluation de l’efficacité des mesures mises en place.

Pour faire le point sur l’état des stocks de maskinongés, une étude a été menée dans les années 1990 en collaboration avec le chapitre de Montréal de Muskies Canada. De 1994 à 1997, cinq pêcheurs ont étiqueté et relâché 808 maskinongés, principalement dans la région de Montréal. Les résultats ont révélé que quelques heures de pêche suffisaient pour capturer un maskinongé, alors que dans les années 1970, il fallait à un pêcheur sportif expérimenté une centaine d’heures de pêche pour capturer un seul spécimen. Après trois ans de suivi, 88 spécimens ayant été marqués ont été capturés de nouveau par les pêcheurs sportifs, ce qui correspondait à un taux de recapture de 11 %, jugé relativement faible et révélateur d’une abondance totale de maskinongés correspondant à plusieurs milliers de spécimens (Pierre Dumont, communication personnelle). L’augmentation graduelle de l’étendue de la structure en taille suggérée par les résultats des enquêtes de pêche et la présence d’une production naturelle de jeunes maskinongés ont mené à l’abandon des ensemencements en 1998 (Dumont 1991).

La mise à jour des informations sur la récolte sportive de maskinongés dans le fleuve Saint-Laurent (du lac Saint-François au lac Saint-Pierre) et dans le lac des Deux-Montagnes a ensuite été effectuée de 2010 à 2013, soit plus d’une décennie après l’arrêt des ensemencements. Cette seconde phase d’étude a été réalisée grâce à la précieuse collaboration de trois pêcheurs professionnels reconnus au Québec : M. Marc Thorpe, M. Mike Lazarus et M. Michael Phillips.
Au cours de l’étude, un total de 2 569 maskinongés ont été capturés, dont 2 162 ont été marqués au moyen d’une étiquette et 108 de ces poissons ont été recapturés.

L’ordre de grandeur des taux de recapture était faible dans l’ensemble des secteurs étudiés (de 3,7 % à 4,8 %). Par rapport à l’étude réalisée dans la région de Montréal de 1994 à 1997, le taux de recapture documenté dans le même secteur de 2010 à 2013 était deux fois plus faible (4,8 % par rapport à 11 %). Le taux de recapture étant généralement inversement proportionnel à l’abondance totale d’une population, ce résultat suggère que l’abondance du maskinongé dans la région de Montréal aurait augmenté depuis l’arrêt des ensemencements, du moins chez les poissons de taille moyenne à élevée, qui sont ciblés par les pêcheurs.

Figure 2 - Comparaisons historiques de la proportion de poissons de taille supérieure à 44 po dans la récolte sportive au lac Saint-Louis. L’année d’instauration des tailles minimales à 38 po en 1986, augmentée à 44 po en 1998, est également représentée.
Figure 2 – Comparaisons historiques de la proportion de poissons de taille supérieure à 44 po dans la récolte sportive au lac Saint-Louis. L’année d’instauration des tailles minimales à 38 po en 1986, augmentée à 44 po en 1998, est également représentée.

D’après des données archivées de 1918 à 1927, 19 % des maskinongés capturés dans le lac Saint-Louis dépassaient la taille minimale légale de 44 pouces. (Figure 2). En 1973, cette proportion était de 16 % et a ensuite augmenté à près de 50 % à la fin des années 1990 puis à 54 % durant la période de 2010 à 2013. Cette amélioration, échelonnée sur plusieurs décennies, s’explique par les ensemencements de soutien combinés à l’instauration d’une taille minimale légale à 38 pouces en 1986, qui a été augmentée à 44 pouces en 1998 (Figure 2). En raison de la présence de gros spécimens, les eaux du fleuve Saint-Laurent et du lac des Deux-Montagnes sont maintenant identifiées comme site de grand intérêt pour les pêcheurs de maskinongé. Dans le tronçon situé entre Montréal et Sorel ainsi qu’au lac Saint-Pierre, la plus faible abondance de jeunes spécimens de taille inférieure ou égale à 35 pouces récoltés par les pêcheurs sportifs suggère que le recrutement de jeunes maskinongés soit plus faible dans ces deux plans d’eau, comparativement au lac Saint-Louis et au lac des Deux-Montagnes (Figure 3). Ce constat a motivé l’instauration d’une étude par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et ses nombreux partenaires dans le but d’identifier les habitats essentiels de l’espèce par télémétrie dans ce tronçon du fleuve (voir l’article de Brodeur et collaborateurs dans le présent numéro).

Figure 3 - Structure en taille des maskinongés dans la récolte sportive mesurée durant la période 2010 à 2013 dans les plans d’eau du fleuve Saint-Laurent (LDM : lac des Deux-Montagnes; LSF : lac Saint-François; LSL : lac Saint-Louis; MS : tronçon entre Montréal et Sorel; LSP : lac Saint-Pierre). La proportion des poissons de taille supérieure ou égale à 44 po, de 36 à 43 po et de 35 po et moins est représentée.
Figure 3 – Structure en taille des maskinongés dans la récolte sportive mesurée durant la période 2010 à 2013 dans les plans d’eau du fleuve Saint-Laurent (LDM : lac des Deux-Montagnes; LSF : lac Saint-François; LSL : lac Saint-Louis; MS : tronçon entre Montréal et Sorel; LSP : lac Saint-Pierre). La proportion des poissons de taille supérieure ou égale à 44 po, de 36 à 43 po et de 35 po et moins est représentée.

La plus récente enquête de pêche a permis d’amasser quelques connaissances préliminaires au sujet des déplacements des maskinongés. Ainsi, entre 2010 et 2013, la majorité des individus recapturés à la pêche sportive (95 %), au cours des six mois suivant le marquage ou un à deux ans après, l’ont été dans le même plan d’eau où ils avaient été marqués. Les distances mesurées entre la capture et la recapture des spécimens étaient généralement inférieures à quelques kilomètres, et ce, autant à l’échelle d’une année qu’entre les années (72,7 % et 58,1 % des recaptures à moins de 5 km du lieu de marquage, respectivement). Bien que les maskinongés puissent se déplacer sur de longues distances notamment en période de reproduction, ce résultat suggère qu’une portion importante des individus est fidèle à des secteurs spécifiques correspondant généralement à de grands herbiers favorables à l’alimentation. Ce résultat démontre l’importance de préserver et de restaurer les secteurs d’herbiers aquatiques du fleuve Saint-Laurent. Des déplacements à large échelle entre les différents secteurs du fleuve ont toutefois été observés entre le lac Saint-Pierre et le tronçon Montréal-Sorel, avec des distances parcourues pouvant atteindre jusqu’à 58 km. Ce constat a récemment été corroboré par les résultats préliminaires de l’étude télémétrique qui montre qu’une certaine proportion des maskinongés marqués au lac Saint-Pierre effectuent des déplacements jusqu’à la région de Montréal (voir l’article de Brodeur et collaborateurs dans le présent numéro). Ces observations de grands déplacements corroborent aussi la connectivité sur l’ensemble du Saint-Laurent révélée par les analyses génétiques.

Perspectives futures

Pour maintenir un statut de poisson trophée, susceptible de maintenir et d’améliorer la qualité de pêche au maskinongé, une révision régulière de l’état des stocks et des modalités de gestion est requise. Depuis 2010, une étude ayant pour objectif général de recueillir de nouvelles connaissances sur plusieurs sphères de la biologie du maskinongé est menée par le MFFP et ses partenaires. Cette étude vise à contribuer à la gestion du maskinongé au Québec. À ce jour, cette initiative a permis de réaliser une rétrospective de gestion historique, faisant l’objet du présent article, une analyse de la génétique des populations de maskinongés (voir l’article de Rougemont et collaborateurs dans le présent numéro), et d’amorcer une étude visant l’identification des habitats essentiels du maskinongé entre Montréal et le lac Saint-Pierre. Certains pêcheurs sportifs rapportent une diminution récente de la qualité de la pêche au maskinongé dans certains plans d’eau des eaux intérieures du Québec, ce qui, par ailleurs, reste à mesurer. Des études sur les populations de maskinongés de la rivière des Outaouais et du lac Maskinongé ont d’ailleurs été amorcées depuis quelques années (voir l’article de Deschesnes dans le présent numéro).

Remerciements

Nous remercions chaleureusement les personnes suivantes pour leur précieuse collaboration: nous tenons à souligner l’implication des pêcheurs de maskinongés qui ont participé à l’enquête de pêche de 2010 à 2013, soit Marc Thorpe, Mike Lazarus et Michael Phillips. Merci tout particulièrement à Peter Levick (Muskies Canada), Chris Wilson (Aquatic Research and Monitoring Section, Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry) et John Farrell (Department of Environmental and Forest Biology, State University of New York) qui nous ont fait part de nombreuses informations sur la gestion du maskinongé. Merci à Christopher Legard (New York State Department of Environmental Conservation) et à Christopher Wilson (Fish Culture Section, Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry) d’avoir vérifié et partagé l’historique des activités des piscicultures du lac Chautauqua et de Deer Lake. Merci à Steven Kerr (biologiste retraité, Fisheries Section, Ontario Ministry of Natural Resources) pour ses précieux conseils et pour avoir partagé son savoir sur l’historique de gestion du maskinongé au Québec. Merci à Shawn Good (Vermont Fish and Wildlife Department) et Jeffrey J. Loukmas (New York State Department of Environmental Conservation) pour avoir partagé l’historique de la gestion et des ensemencements du lac Champlain. Nous remercions également la Fédération québécoise des chasseurs et des pêcheurs, Ressources Aquatiques Québec et Muskies Inc. pour leur soutien financier. Le financement a aussi été assuré par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec et par la Chaire de recherche du Canada en génomique et conservation des ressources aquatiques.

Références

Bernatchez, L. et M. Giroux (2012). Les poissons d’eau douce du Québec et leur répartition dans l’est du Canada. 2e éd., Ottawa, Canada.

Brodeur, P., D. Hatin et R. Bacon (2013). Suivi du maskinongé dans le Saint-Laurent et le lac des Deux-Montagnes. Dans: Atelier sur la faune aquatique, 19-21 février 2013, Sainte-Foy, Québec.

Chambers, E.T.D. (1923). The maskinonge: a question of priority in nomenclature. Transactions of the American Fisheries Society (1922) 52: 171-177.

Cloutier, L. (1987). Le maskinongé (Esox masquinongy). Dans : Problématique de la conservation et de la mise en valeur d’espèces de poissons d’eau douce au Québec. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, Québec.

Crossman, E. J. (1986). The noble muskellunge: a review. In : Managing muskies: a treatise on the biology and propagation of Muskellunge in North America (éd. Gordon HE), p.1-13. American Fisheries Society, Bethesda, Md.

Crossman, E. J. (1990). Reproductive homing in Muskellunge, Esox masquinongy. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences, 47(9): 1803-1812. doi:10.1139/f90-205

Crossman, E. J. and C. D. Goodchild (1978). An annotated bibliography of the muskellunge, Esox masquinongy (Osteichthyes: Salmoniformes).  https://www.biodiversitylibrary.org/item/123600#page/3/mode/1up

De la Fontaine, Y. (non publié). Muskellunge stocking in southern Québec waters.

Dufour, M. and P. J. Paulhus (1977). L’élevage et l’ensemencement du maskinongé au Québec. Dans : Compte rendu du 10e atelier sur les poissons d’eau chaude, p. 117-127. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche.

Dumont, P. (1991). Les ensemencements de maskinongé, de truite brune et de truite arc-en-ciel dans les eaux de la plaine de Montréal. Dans : Colloque sur l’ensemencement, p. 30-41. Conseil de l’aquaculture et des pêches.

Dymond, J. R. (1939). The fishes of the Ottawa region [version électronique]. https://www.biodiversitylibrary.org/item/111705#page/7/mode/1up

Fry, F., J.-P. Cuerrier et G. Préfontaine (1942). Première croissance du maskinongé dans le lac Saint-Louis en 1941. Dans : Rapport de la Station biologique de Montréal et de la Station biologique du Parc des Laurentides pour l’année 1941, p. 170-175. Fascicule 2, appendice VII, Manuscrit.

Halkett, A. (1906). Report of the Canadian Fisheries Museum. In : 38th Annual report, p. 362-370. Department of marine & fisheries, Fisheries Branch. Appendix number 14.

Halkett, A. (1907). Report of the Canadian Fisheries Museum. In : 40th Annual report, p. 321-349. Department of marine & fisheries, Fisheries Branch. Appendix number 14.

Jennings, M. J., G. R. Hatzenbeler and J. M. Kampa (2011). Spring capture site fidelity of adult muskellunge in inland lakes. North American Journal of Fisheries Management, 31(3): 461-467.

Kerr S. J. and T. A. Lasenby (2001). Esocid stocking: an annotated bibliography and literature review. Fish and Wildlife Branch, Ontario Ministry of Natural Resources. Peterborough, Ontario. 138 p. and appendix.

Kerr J. S. and Jones B. (2017). Movements of Muskellunge in the Saint-John River based on a volunteer tagging project, 2006-2015. American Fisheries Society Symposium, 85: 39-50.

MacCaughey V. (1917). The Chautauqua Mascalonge or Muskalunge. Dans : B. W. Huebsh (dir.), The natural history of Chautauqua (p. 80-83) [En ligne], [https://www.biodiversitylibrary.org/item/71239#page/7/mode/1up].

Miller L. M., J. M. Farrell, K. L. Kapuscinski, K. Scribner, B. L. Sloss, K. Turnquist and C. C. Wilson (2017). A review of muskellunge population genetics: implications for management and future research needs. American Fisheries Society Symposium, 85: 385-414.

Ministère des Pêcheries et de la Chasse de la Province de Québec (1961). Contribution de la station piscicole de Lachine à l’étude de maskinongé. Dans : Journal de bord de l’office de biologie.

Mellen, I.M. (1917). Twenty four ways of spelling the name of a fish (muskellunge). New York Zoology Society Bulletin 20, p. 1558.

Montpetit, A.-N. (1897). Le maskinongé. Dans : Les poissons d’eau douce du Canada, p. 76-80, https://www.biodiversitylibrary.org/item/45738#page/3/mode/1up

Mongeau, J .R. et G. Massé (1976). Les poissons de la région de Montréal, la pêche sportive et commerciale, les ensemencements, les frayères, la contamination par le mercure et les PCB. Ministère du Loisir de la Chasse et de la Pêche, Service de l’aménagement et de l’exploitation de la faune, Montréal, Québec. Rapport technique no 06-13. xviii + 286 p.

Mongeau, J. R., J. Leclerc et J. Brisebois J. (1980). La répartition géographique des poissons, les ensemencements, la pêche sportive et commerciale, les frayères et la bathymétrie du fleuve Saint-Laurent dans le bassin de Laprairie et les rapides de Lachine. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, Service de l’aménagement et de l’exploitation de la faune. Rapport technique no 06-29. 145 p.

Pageau, G., Y. Gravel and V. Legendre (1978). Distribution and value of the esocidae in Québec waters. Dans : Compte rendu du 10e atelier sur les poissons d’eau chaude, p. 1-7. Ministère du Loisir de la Chasse et de la Pêche, Direction de la recherche faunique.

Potvin, C. (1973). Inventaire ichtyologique du bassin de la rivière des Envies. Découverte de populations indigènes de maskinongé. Ministère du Loisir de la Chasse et de la Pêche, Direction de la recherche faunique.

Robitaille, J. A. et F. Cotton (1992). Bilan des connaissances sur le maskinongé (Esox masquinongy) et sur ses populations dans le Saint-Laurent. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, Direction de la gestion des espèces et des habitats. Rapport technique, p. 1-55.

Small, H. B. (1883). Fishes of the Ottawa District. Transactions of the Ottawa Field-Naturalists’ Club (1882-1883), 4: 31-49.

Turnquist, K. N., W. A. Larson, J. M. Farrell, P. A. Hanchin, K .L., Kapuscinski, L. M. Miller, K. T. Scribner, C .C., Wilson and B. L. Sloss (2017). Genetic structure of muskellunge in the Great Lakes region and the effects of supplementation on genetic integrity of wild populations. Journal of Great Lakes Research, 43(6): 1141-1152. doi:10.1016/j.jglr.2017.09.005

Vézina, R. (1977). Les introductions de maskinongé, Esox masquinongy, au Québec et leurs résultats. Dans : Compte rendu du 10e atelier sur les poissons d’eau chaude, p. 129-135. Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche du Québec, Service de l’aménagement de la faune.

Vincent, B. et V. Legendre (1974). Répartition géographique du maskinongé, Esox maskinongy, dans le district des Laurentides. Compilation 1972. District de Montréal, Service de l’aménagement de la faune et Service de la recherche biologique. Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche du Québec, Service de l’aménagement de la faune. Rapport technique.

Wachelka, H. (2008a). Muskies Canada, the first 10 Years. Muskies Canada Release Journal, mai/juin, p. 11.

Wachelka, H. (2008b). Muskies Canada, the Middle Years. Muskies Canada Release Journal, juillet/août, p. 11.

Wachelka, H. (2008c). Muskies Canada, 1999 to Present. Muskies Canada Release Journal, septembre/octobre, p. 8-10.

Weed, A. C. (1927). Pike pickered and muskalonge, Zoology leaflet 9. In: D. C. Davies (dir.), Field museum of natural history Chicago, p. 152-205, https://www.biodiversitylibrary.org/item/25559#page/75/mode/1up

Projet de restauration de l’habitat du maskinongé au lac Simcoe 2017

Les mises à jour hebdomadaires ci-dessous ont été envoyées à des représentants de Muskies Canada et de l’Orillia Fish and Game Club, de même qu’à des employés clés du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario, pendant les cinq semaines qu’a duré le programme de pêche au filet. Périodiquement, après la pêche et notre collecte d’œufs, le personnel des alevinières a transmis des informations additionnelles (reflétées dans les mises à jour).

Merci de votre participation au Projet de restauration de l’habitat du maskinongé au lac Simcoe – Wil Wegman

trapnetting01

Pour télécharger et lire le rapport intégral (en anglais), cliquez sur le lien ci-dessous. (PDF – 4.7 MB)
2017 Lake Simcoe Muskie Restoration Program – Combined Spring Trapnetting, Egg Collection and Hatchery Weekly Updates – Gloucester Pool and Georgian Bay-Port Severn
April 18 – June 30, 2017

Rideau River Muskie Study

Read/download the full thesis  by clicking the link below (PDF – 552 KB)
Comparative spatial ecology of sympatric adult muskellunge and northern pike during a one-year period in an urban reach of the Rideau River, Canada

Abstract: The reach of the Rideau River that flows through Ottawa, Ontario supports a recreational fishery for northern pike (Esox lucius) and muskellunge (Esox masquinongy). The reach is unique not only because such a vibrant esocid-based recreational fishery exists in an urban center, but that these two species co-occur.

Typically, when these species occur sympatrically, northern pike tend to exclude muskellunge. To ensure the persistence of these esocid populations and the fisheries they support it is important to identify key spawning, nursery, foraging and over-wintering locations along this reach, and to evaluate the extent to
which adults of the two species exhibit spatio-temporal overlap in habitat use. Radio-telemetry was used to track adult northern pike (N = 18; length 510 to 890 mm) and adult muskellunge (N = 15; length 695 to 1200 mm) on 73 occasions over one year, with particular focus on the breeding seasons (early April until the end of May [56% tracking effort]). For the two esocids, we observed 19–60 % overlap in key aggregation areas during each season and during the spawning period. The  minimum activity (average linear river distance travelled between consecutive tracking events) and core range (linear river distance within 95 % C.I. of mean river position) were greatest in the winter and fall for northern pike and in the spring for muskellunge. On average, northern pike were considerably smaller than muskellunge and had lower minimum activities and smaller core ranges, which
could be a result of thermal biology, limited suitable habitat, prey availability or predation. Results from this study will inform future management of these unique
esocid populations and should be considered before any habitat alterations occurs within or adjacent to the Rideau River.

 

Egg Collection – Week 7 Update

Week Seven Update: (June 6-10)

Wil Wegman
<°))))><
Resource Management Technician
Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry
Aurora District- 905-713-7730

The first full week of no trap netting on Gloucester Pool in search of muskies for an egg collection is now behind us and crews from Midhurst and Aurora went back to their busy routines with other field and office work.  Both Blue Jay Creek and Fleming Hatchery staff remained very busy as well doing their utmost to ensure each precious egg and newly hatched fry was getting the best care possible. Thankfully those big muskie-to-be, have the most dedicated hatchery staff imaginable to ensure their well-being.  In this week’s update we are fortunate to have two good week-ending reports – supplied from Paul Vieira at Blue Jay and Mark Newell, at Fleming.

Blue Jay Creek::

Egg survival was poor maybe due to the late spawning?

All of the Musky have hatched and fish are living off of their yolk sacs, feeding will start soon. They look like Balsam Fir needles.

Presently we have 40 fry from the Pointe Au Baril family

1200 fry from G Pool family

 

Paul M still has feelers out with our lake unit colleges in case they come across any ripe fish, it is pretty late in the game though.

 

trapnetting_050

One of the tanks with young muskie fry

 trapnetting_051

A close up of some great looking muskie fry

Paul V.

Fleming College:

Similar story here… right down to the balsam fir needles! I’ve used that comparison many times over the years!

We are expecting swim up to begin at any time. The battle of feeding strategies is on repeat in my brain as I try to figure out how to maximize success of the few fry we do have. Current count is around 1575 but there are maybe 5% of those that are really borderline… alive but bent, stunted or otherwise challenged. So call it 1500 quality looking fry.

 I wouldn’t wish this scenario on anyone, it is going to be a tough go!

trapnetting_052

5% challenged sac fry: some good quality fry with a few of their “challenged” siblings in the bottom right corner

 trapnetting_053

2016 late stage sac fry: shows a good resolution shot of some of the high quality fry at Fleming

 trapnetting_054

Bent Muskellunge fry. This pic taken 1st week of June shortly after hatch.  It shows some of the severely challenged fry removed by the hatchery staff.  There was a higher than usual proportion of these in this particular family.

 … warm temp at collection or old donor fish (senescence)? Combination?

 

trapnetting_055

Fathead Minnow Fry:

These tiny almost transparent newly hatched Fatheads can be great food for baby muskies!  However once they have a taste of these will they ever accept manufactured diet? Unlikely!

However, Mark Newell from Fleming is preparing for all eventualities saying

“It may come to the point where we may HAVE to feed the young muskie these fatheads so we are scrambling right now to figure out how to optimize our production, harvest and sorting of these young fry”.

Egg Collection – Week 6

Week Six Update: (May 22-May 27)

Wil Wegman
<°))))><
Resource Management Technician
Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry
Aurora District- 905-713-7730

 

Hi Everyone,

Another whirl-wind week on the wild and wonderful trapnetting circuit for the wily egg collection crew on G Pool.

It began on the beautiful Sunday morning of the Victoria Day Long Wknd as Wil and Brent set out to open the six nets. Once open,  they could fish 48 hours until they would be checked on Tuesday. We don’t normally need to leave our nets working this late into the season so expected to see plenty of boat action on both Little Lake and Gloucester Pool, and this was definitely the case on this busy holiday wknd. Most of the boaters we encountered were cottage based recreational anglers and several struck up conversations with us. All of them seemed fully aware of … and supportive of, our trapnetting program over the last decade. Being able to engage with these important local stakeholders on a busy wknd and have a positive presence was definitely an added bonus to opening our nets on Sunday.

Then came Tuesday.  We were anxiously expecting fuller than normal nets … based on the water temperature spiking to 16 degrees and a 48 hour set, but unfortunately this was not the case… With the exception  of one net that had over two dozen long nosed gar for us to deal with.  Gar typically move inshore as the weather warms and the water temps reach 15C. They love swimming near the surface on bright sunny days so we could see some cruising along before we even checked our nets. These prehistoric fish are extremely cool looking and we enjoy seeing them, however they can be a bit of a challenge when many of them have their long bills sticking thru the nets.  While we were hauling out gar from our nets we encountered what may be a first for this program… A few VERY ripe females that were very happy to see Brent so they spewed their small white, very sticky eggs all over him and the boat. If only we could find muskie that were so ripe and free flowing … but that’s typically not the case at all.

trapnetting_033

Longnose Gar eggs sticking to our paddle

trapnetting_034

Kate Gee with a small G Pool Gar

Kate Gee who was with us that day let us know that these gar eggs are unlike most other fish eggs in every respect in that they should never be eaten as caviar . They are quite toxic and can cause fairly severe illness—such as vomiting, diarrhea, stomach pain, etc.  Some other interesting factoids about Longnose gar include:

Longnose Gar Facts

  • The Longnose Gar can survive in low oxygenated waters because of a highly vascularized swim bladder.  This swim bladder allows the Longnose to breathe air.  It usually uses both its swim bladder and its gills to breathe.  It surfaces and releases an air bubble to take in another before returning underwater.
  • Shy’s away from the surface when water gets colder.  But, when oxygen is low it cover its gills and uses the bladder only.  This allows for the organism to live outside the water for awhile if it is kept wet.
  • The Longnose Gar’s eggs are poisonous to humans, other mammals, and birds.
  • Longnose Gar scales were used by native Americans as arrow heads, ornaments, and tools.
  • Longnose Gar have been around since the time of dinosaurs.
  • Longnose gar have a year round open season and no limit in most parts of Ontario, but most anglers find them extremely difficult to catch so overall angler effort targeted at this species is very low. Their long, very hard snouts do not have conventional teeth like other fish – so most hooks don’t penetrate well to land these fish. Some fly fishers do have success, occasionally they can be caught on 3-4 inch jerkbaits if the lure is engulfed sideways … and some anglers have even had success using a strip of Velcro instead of a lure – as their small jagged teeth seem to clasp on.

trapnetting_035

As water temps warmed up more bowfin were caught in the nets … including several males like this one held by Wil … It’s in full spawning colors with characteristic spot on tail

The next day (May 25)  the crew set out again … and the overwhelming sensation of another « Groundhog Day » (from the movie) was upon them. Low net catches were dominant from one set to the other … and no muskie were showing up. To add insult to injury the 2nd last net had one very big aggressive snapping turtle in it, that decided not to vacate the premises despite tearing several big holes in the net.  As we were repairing those … a call came in from Paul Methner of Blue Jay Creek Hatchery.  Despite Georgian Bay  originally being recognized earlier this spring as an unlikely back-up source for muskie eggs, more recent discussions between hatchery and other managers, field crews and MC, recognized that time was running out for Gloucester Pool to produce. One of the  trapnetting crews that was doing telemetry research in partnership with McMaster University up on Georgian Bay near Point Au Baril had a ripe male and two ripe female muskie in their nets. The crew did not have any egg sampling gear, and were not trained to take eggs, but the offer was made to hold those muskie, should Brent and Wil be able to drive up, meet the crew and go out on their boat to get the job done.  Special arrangements were made with the health lab and the two hatcheries … some evening family plans were quickly altered and off the they went to fish their last net on G Pool, before hitting the road north to hopefully …. finally get some eggs! As many Muskie Canada veterans may recall, the first couple of years of the Lake Simcoe Muskie Restoration Program, we relied on Georgian Bay families and it was only a few years in that the switch was made to relying more on G Pool, so using these eggs would be nothing new.

A couple hours later, Wil and Brent met up with fellow MNRF staffers and master trapnetters Lawrence and Stephen from MNRF’s Lake Huron Fisheries Management Unit. On their big beautiful steel boat we travelled out to the nets and quickly picked up one male, deposited him into a big tub with fresh water and  then headed to the other net where a smaller male and two females were anxiously awaiting to donate their contributions to the cause . Although the females were both quite small, the crew still hoped plenty of eggs could be collected … but unfortunately only one small family from each – one for Blue Jay Creek and the other for Fleming was all they had in them.  The male did his job for both … the eggs were hardened with hatchery water, transferred from bowl to jars, disinfected with ovadine, rinsed and rinsed again and again and again until it was time to deliver them to shore and the hatcheries.

trapnetting_036

Lawrence of the Lake Huron Management Unit (LHMU), Wil and Brent with one of the egg donors

trapnetting_037

Lawrence and Stephen of LHMU and Brent with the male donor

 trapnetting_038

Wil with the first egg collection of 2016- two very small families

 So … although the families were small the hatchery managers were thankful the skunk factor was now behind all involved. Paul Methner had already travelled down from Manitoulin Island’s Blue Jay Creek where his eggs were handed over and the trip back down to Coldwater was made to hand off the Fleming eggs to their hatchery manager Mark Newell who drove up from Lindsay.   “The family was small (est 2500-3000 eggs) but looked good with very few dead eggs to be picked once they were deposited in the incubation trays at the hatchery,” said Mark.

On Thursday May 26 the crew tried to beat out the impending weather and partially succeeded at all but one of their six net sites. By the time they got to it,  a stiff on-shore breeze was developing and just as they were about to check for fish a large rogue gust of wind blew them further onto the rest of the net …  tangled things up … and bringing them quickly within site of two very large muskie within the house portion of their net! They quickly regrouped, opened the zipper, assessed the condition of each fish … and amazingly one was a ripe male and the other a ripe female! With even heavier on shore winds threatening – the decision was made to leave the two fish for the next day when a safer and more effective egg collection could be made! Meanwhile, the first small family remained in good condition at Fleming with a relatively normal level of dead eggs to pick.

Friday May 27th.  Normally this is an office day for the crew.  However both hatcheries were anxious to collect eggs ‘whenever possible’ and the manager of Health Lab at Guelph University – Steven Lord was willing to wait around that Friday to collect fluids for disease testing. In order to expedite runs to the two hatcheries and to Guelph, two MNRF crews in two separate boats were deployed to Coldwater to get the job done. One of those crews was happy to report another female had been captured … so after all the nets were checked … she was put in the large tub and travelled from Port Severn in Little Lake with Brent, Kate and Wil down to G Pool to meet up with Stephen, Carolyn and Gabby.  The other two muskie were taken from their overnight accommodations and both were in exceptional condition. Neither had ever been captured during the trap netting program before … as tags were absent. Incredibly this was the biggest male on record … coming in at 49 inches; just a touch shorter than the Double Nickels (55+) female.  Unfortunately … the smaller female was now hard (not uncommon for smaller fish) but both big male and big female were ripe. The crew collected enough eggs for each hatchery and split them into two separate jars for each.

trapnetting_039

Carolyn Hann (foreground) holds bowl for egg collecting while Brent  extracts eggs and Wilmaintains control of this 40 pound super strong female

 

 trapnetting_040

Brent (foreground),  Wil (background) and Carolyn (middle) caring for eggs before they are transferred to jars- below

trapnetting_041

trapnetting_042

A quick group photo after a successful egg collection and sampling with the 55.5 inch female. From left to right: Brent, Wil, Steve, Kate and Carolyn. Photo taken by Gabby

trapnetting_043

Wil is taking scale samples here for ageing and genetics, while Brent steadies the muskie and Carolyn is ready with the scale envelope

trapnetting_044

Brent (left), Wil and Kate with the largest males ever used in an egg collection = 49” long, 19.5” girth & 26.7lbs. It was the warmest egg collection ever- with air temps pushing 28C and water temps well over 18C

trapnetting_045 

The icing on the cake is always a healthy live release after the muskie have been sampled and contributed to future stocking efforts on Lake Simcoe

 

After the egg collection was made, the team went into action to deliver the goods to the respective locations as quickly as possible. Gabby made the long trip down from Coldwater to Guelph and battled crazy traffic but got the fluid samples to the lab in time.  Carolyn drove south to Lindsay … stopping every half hour to check eggs and ensure no clumping was taking place. Then she would rinse and add fresh hatchery water before she left the eggs with Mark at Fleming.  Mark reported that, “ There was a somewhat larger than normal number of dead eggs to pick on the day of receiving (670) but not a number of significant concern.”

trapnetting_046

Carolyn checking eggs en route to Fleming before rinsing and adding fresh water. “It’s kind of like our own little tailgate party,” she said

Wil drove north to Parry Sound following the same egg-care protocol to drop the eggs with Michaela from Blue Jay Creek who drove down from Manitoulin Island. Here Wil and Michaela also met up with Ryan … who had driven from Pearson International Airport in a truck fully loaded with fish food for the muskie and other species raised at the Blue Jay Creek Hatchery. Here the three staff quickly transferred all the contents from one truck to the other … and then each was off to go their own separate ways from there.

trapnetting_047

Michaela and Ryan unloading feed for fish at Blue Jay Creek

 

Update 7: Saturday May 28-Thursday June 2nd

Although the weekend of May 28th and 29th would be the first one the crew had completely off in six weeks, there was certainly no rest for the devoted hatchery staff at Blue Jay Creek and at Fleming. Critical, almost around the clock care of the precious muskie eggs is compulsory to ensure success down the road.  Even with the most experienced and dedicated staff however, Mother Nature can throw unexpected obstacles into the best laid plans – something the trapnetting crew was all too familiar with. The first text from Mark Newell to Wil came in late Saturday  afternoon letting him know things did not look good with the eggs and that he had already picked out 8,000 dead ones over the last 8 hours.

Below are further details provided by Mark Newell:

“On Saturday May 28  is when the rollercoaster went into its steepest dive. The first family of eggs showed significant (over 50%) dead eggs. The die off continued the full while that the picking was happening with eggs dying off almost as fast as we could pick them. By the end of the day we were down to fewer than 5% eggs remaining. We examined a few of the remaining eggs under a microscope and there was no sign of an embryo. This pattern of complete loss all within the 36-72 hours after spawn window is a very strong indicator of unsuccessful fertilization. Couple that with the lack of embryo in the few remaining “live” eggs at the end of the period the presumptive determination at the hatchery is that fertilization did not happen in this batch.

 Also on May 28 we saw an enormous die off of eggs from the larger, Gloucester Pool batch. As many as 8200 eggs were picked. This is an unusual, but not unprecedented loss for this stage of development. Given our already low numbers and the loss of the first small family it was pretty devastating. We had hoped this one batch was going to save the year.

 On May 29 we saw further loss, of ~4700 eggs from the second family… it seemed by the time the picking was done in the early afternoon on Sunday that the egg loss had tapered off quite a bit and examination of the remaining eggs showed signs of embryo presence.

 On May 30 we continued to lose eggs (at a much lower rate) and by day end we had picked ~600. The remaining eggs still looked good and embryos were clearly visible

 On May 31 lower mortalities gave us a break from the bad news and only 185 eggs were picked.

 On June 1 fungus had made its expected appearance, the egg shells are softening and embryos have developed a tiny bit of pigmentation. We picked just over 400 eggs today.

 The initial estimate of numbers received (~25,000) now seems to have been a bit high, so doing the math we may have as many as 3000-3500 viable eggs left as of June 1st. It is hard to estimate numbers when they are spread out over several incubator trays.”

From Paul Methner at Blue Jay Creek on the morning of June 2nd … a very promising update was provided. Similar to Mark’s issues with the first batch … they too experienced serious failure with their Georgian Bay eggs.  Paul expects about 60 of those eggs that have now hatched remain … which still would provide some genetic diversity. Additionally and even more encouraging … after a very trying Saturday May 28th with eggs dying …the situation appeared to stabilize by the next day- Sunday. “Today, we have plenty of healthy eggs left, which should provide us with more than our target of 500 muskie come fall. If all goes well, thanks to all the improvements we’ve made here at the hatchery, this number could increase,” Paul told Wil over the phone. Some of the improvements made include better lighting system, a better feeding system, a visit by several staff to Mark Newell’s successful muskie hatchery and even hiring a former Fleming student who worked for Mark in the hatchery.

On Monday May 30, two crews of Midhurst and Aurora MNRF staff figured the decision to collect trap nets that day was the right one, when the water temperature at their boats that morning was already 21 C.  One theory for the poor fertilization of eggs could possibly lie with the rapid increase in water temperatures that may have reduced the effectiveness of the male’s sperm. The two crews split up and collected all six trap nets, and then transferred them back to Midhurst district..

The first eggs from the G Pool collection began hatching the morning of June 2nd …. And both hatcheries reported that this continued on to June 3rd.  There were several of these eggs that were duds but at time of writing this an accurate number was not possible.

trapnetting_048

Back on shore Friday May 27 at the Sexsmith’s Lakeside residence after the successful egg collection.  Here for almost ten years,  MNRF Midhurst and Aurora District crews have been able to store their boats and all their gear for the duration of the spring program.  Both crews are extremely grateful to Michelle and Malcolm Sexsmith for their major contribution to this program Above, from left to right: Steve, Carolyn, Malcolm, Gabby, Kate and Brent.

trapnetting_049

Friday June 3rd … all six trapnets were spread out and allowed to bake in the sun to dry out.  Nets were cleaned with stiff brooms to remove filamentous algae, several holes were repaired, and then all were repacked for next time.

 

Egg Collection – Week 5

Wil Wegman
<°))))><
Resource Management Technician
Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry
Aurora District- 905-713-7730

May 20, 2016

Week Five Update:

Hi Everyone,

A very rainy day one began early Saturday May 14, when MNRF staff Kate, Brent and Wil checked the nets to fish the by-catch. Not wanting to lose the opportunity to catch muskie during the unsettled weather of the weekend when muskie often roam, the decision was made to maintain 48 hour net sets, so nets were not closed off Thursday as is usually the case.

As the day went on the winds picked up, the water temperatures dropped and it turned out to be a cold and nasty day on the water. However the hopes of the crew rose quickly at their 2nd net set when they encountered their 2nd muskie of 2016. This one came from G Pool itself instead of adjoining Little Lake where last week’s muskie came from. Unlike that ripe, previously tagged male however, this 48 inch female was still hard (green) and was a newbie- never having been sampled or tagged before by the crew. It was therefore sampled, tagged with her own uniquely numbered Floy tag, and live released in great shape.

If a ripe female was captured, the crew was prepared to carefully asses her condition in order to possibly hold her over until Monday when an egg collection could be carried out – as the hatcheries and Health Lab are not prepared to accept eggs on Fridays or weekends.

trapnetting_032

Kate Gee and Brent Shirley with the first female muskie of 2016

As they were preparing their gear for the day, on Monday May 16, the crew pictured below had guardedly high hopes that the rotten weather over the weekend would have spurred some muskie activity – and encouraged a couple (in every sense of the word) to enter their nets. However, water temperature at the dock (where their boat is moored) however read just under 11 C. Although muskie spawn (and G Pool egg collections have been made)in water temps ranging from 9.4-15C, optimum temps for spawning appear to be just under 13 C. So that first morning of week 5 saw  high hopes somewhat dashed. The snowfall and cold temps of Sunday had lasting undesirable affects possibly holding muskie out in deeper water away from the nets.

Not unlike hard core muskie anglers who may have ½ a dozen ‘hot-spots’ they like to visit and fish during the day … the MNRF muskie crew traveled from one trap net to another and every time they approached one of their 6 nets (all of which have caught plenty of muskie before), their excitement levels would rise in the hopes that a muskie or two would be waiting. As has been the case however for the duration of the 2016 program to date – disappointment was replicated with more disappointment … not just at the beginning of Week 5, but also mid-week and end-of week. No additional muskie were captured and overall with cool temperatures still dominating until Thursday when they hit a high of 13.7, overall catches of all species continued to be way down from previous years.

The following photos of Week 5 demonstrate however that despite not capturing their target species, the crew still managed to catch some remarkable fish, that contributed well to their ongoing data-set for G Pool and Little Lake.

 trapnetting_031

Brent in background with our 3rd and largest walleye this season, with Wil (left) and Jason Cologna (MNRF Peterborough office) each with nice smallmouth on Day 1/Week 5

trapnetting_029

trapnetting_030 

Over the years, the trapnetting crew has caught many large bragging sized channel cats but thousands of brown bullheads (right) of the size shown above.  However, to the best of their recollection, this  real small channel catfish (left) may be the first they have captured. Note the key identifying characteristic in the forked caudal (tail) fin of the channel catfish and the square tail of the brown bullhead catfish.

trapnetting_028

Here one of Canada’s longest serving and most dedicated Muskies Canada members Jim Kelly holds a nice, but not overly large channel cat along with Kate Gee from MNRF.  Jim is former MC president, is a member of the Muskies Canada Hall of Fame (inducted 2003)and represents the organization on the Lake Simcoe Fisheries Stakeholder Committee.

trapnetting_027

Here Wil Wegman (left) and Kate Gee proudly display 5 remarkable stinkpot turtles captured from one net set. This Species of Special Concern was highlighted in last week’s update

trapnetting_026

Kate and Wil with one very fat egg-laden female largemouth bass on a wet, cold day on the water.

trapnetting_025

Here, during a warmer Wednesday on the Pool, MNRF’s Melanie Shapiera  holds another good Largemouth – with Wil and Brent look on.

trapnetting_024

A male bowfin approaching full spawning color’s … indicated by the iridescent green of the underbelly

 

 

 

 

After dismal catches Monday, nets were left open and fished for 48 hours until Wednesday; then fished Thursday with some encouraging signs of warming temps bringing in more fish as the day went on. Another eagle flew overhead and was recognized as a good omen for things to come.
With the long weekend approaching, the muskie egg collection program would have typically long been completed by now, but as these weekly reports have clearly indicated, this has certainly not been a typical spring. Therefore after joint discussions among field crews, MNRF supervisors, Muskies Canada reps, hatchery staff and the health lab … a joint decision has been made to continue on to an unprecedented 6th week of trap netting in order to hopefully capture enough ripe muskie to reach our target goal of 3 families for the hatcheries.

trapnetting_023

So … nets were closed off on Thursday May 19 (a zip tie is fastened around the funnel of the trap net, prohibiting any fish from swimming thru and being captured) and will be reopened during the long weekend on Sunday May 22nd by Brent and Wil. This allows for another 48 hour net set during an anticipated heat wave until nets will be fished again on Tuesday May 24th. From there 24 hour sets will prevail until at least Thursday … and then we’ll have to re-evaluate our options.

Stay tuned … and hope everyone has a wonderful long weekend with plenty of tight lines for all who will wet one.

Egg Collection – Week 4

Wil Wegman
<°))))><
Resource Management Technician
Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry
Aurora District- 905-713-7730

May 13, 2016

Slowly but surely the 2016 trapnetting crews on Gloucester Pool are gaining confidence that they will  reach their goals of capturing muskie and collecting 3 families worth of eggs for the hatcheries.  This confidence however has not come easily, as crews have experienced a very trying season on the Pool thus far.  As ardent muskie anglers love to say This is the fish of a thousand casts’ … and so too are the crews on Gloucester now saying “this is the fish of a thousand net sets’…

To date we have maximized our efforts since Monday April 18 when we deployed 6 trap nets during a 23C heat wave, only to fish those same nets a week later when temps had fallen 23 degrees during a significant snow storm.  We then experienced crazy formations of green filamentous algae that covered some of our nets, and made our jobs doubly difficult and messy.

This net above was our worst case scenario situated in a proven muskie spot we like to call ol stumpy. It and others have since been cleaned-up. trapnetting_023

Most filamentous algae prefer stagnant, nutrient rich, warm waters. Spirogyra however, is one species that flourishes more in cooler spring and fall months. They are found to dominate the littoral zones where we put our nets (the shallow, near-shore area where sunlight can penetrate to the bottom allowing aquatic plants to grow). During other years, we seldom have more than a few days when water temps remained in the single digits but this year, we had almost two weeks’ worth … optimizing the conditions for this algae to flourish.  Thankfully, during week four, as water temperatures finally began to rise – pushing 14 C, much of the algae began to die off, and crews spent extra time cleaning off the nets.

trapnetting_022

The beginning of week 4, began with Muskies Canada volunteer Terry Barrett who witnessed some tremendous channel cat catches like the one he holds here.

Week 4 began with Mel and Wil opening the nets on a chilly Sunday, followed by a day of low catches the following Monday.  Muskies Canada volunteer Terry Barrett however sill enjoyed himself and witnessed some great channel cat catches in a couple of our nets.  On Tuesday, we saw another (or the same individual as last week) bald eagle which we figured had to be a good omen and was, as the very next day we captured our very first muskie of the season – a ripe male.

This individual muskie was getting on in years and was one we had used for a muskie egg collection in 2006 when it was also sampled, tagged and released. Interestingly enough, it was originally caught at the site # 3 and was also recaptured at site # 3. In 2006 it measured 1050mm  and weighed 11kg … but on Tuesday, 10 years later it measured 1090mm and weighed about 8.2kg (based on length girth formula).  The fish was in good shape so he was held overnight in the hopes that on Thursday, our last day to collect eggs for the hatcheries this week, would supply a ripe female from one of our six nets.  Alas … this was not to be, so the tagged muskie was set free to possibly contribute another day to our worthy cause.

trapnetting_021

This old male muskie was our first lunge of the 2016 trapnetting season. Pictured, Brent Shirley (Midhurst MNRF)  left, Adam Chalice (Aurora MNRF) and Kate Gee (Midhurst)

This week we also saw our very first Musk … or ‘Stinkpot’ Turtle. We definitely don’t see as many of these “Species of Special Concern’ turtles as we do of the more common Northern Maps, so they are always cool to see … and even smell – as their musky odor does have a certain, shall we say ‘ Je ne sais quoi’ odor to them. It was only fitting that Aurora District biologist Carolyn Hann was on the muskie trapnetting boat the day the stinkpot was captured.

She has acquired a wealth of turtle knowledge in her career spending many years volunteering for Turtle S.H.E.L.L Tortue helping to rehabilitate injured turtles, install turtle crossing signs, and providing education and outreach on our native turtle populations and habitat. She has continued by working on various Species At Risk  projects including Wood Turtle Research in Nova Scotia, and helping Biologist in Kejimkujik National Park with their Blanding’s Turtle Research.

Biologist Carolyn Hann with her special catch … A Stinkpot Turtle

trapnetting_020

So … to learn even more about this fascinating turtle, turtle aficionado Carolyn Hann provided us with the following:

Stinkpot Fun Facts

  • Unlike many turtles the musk turtle rarely leaves the water except to lay eggs. This turtle is fairly secretive and spends a lot of its time resting on the soft lake bottom, foraging for food and basking in the sun under floating aquatic vegetation in shallow water.
  • This species is generally a poor swimmer and will walk along the Lake Bottom rather than swim.
  • This turtle has a great little defensive tactic in that when it is disturbed it will quickly emit a foul smelling odour from its musk glands giving it the famous name ‘stinkpot’. These little guys are also fairly aggressive and won’t hesitate to bite!
  • Nest close to water and therefore are very vulnerable to changes in water levels.
  • Lay 2 to 7 eggs that are elliptical in shape and vary in size. A little bigger than a quarter. Eggs are laid between May and early July with hatches anywhere from 60 to 90 days later.
  • Diet: molluscs, plants, small fish, insects, and  carrion
  • The barbels on this turtle’s chin and throat are sensory organs which allow the turtle to feel for prey resting on the bottom of the water body.

Threats to the species:

  • Habitat destruction
  • Changes in water levels
  • Heavy recreational boating
  • Fisheries bycatch
  • Depredation

 

 

The champion turtle crew, each with their own stinkpot- left to right: Kate, Mel Shapiera and Brent

trapnetting_019

Eva Bobak (MNRF Aurora) with one of her favorite species … the longnose gar. Brent in background collecting data.

 trapnetting_018

trapnetting_017

Brent Armstrong (Midhurst) with a nice healthy pike

 

Moving on To Week Five:

Getting back to our piscatorial pursuits and all that is muskie, both Midhurst and Aurora District staff are confident that this coming week before the Victoria long weekend will more than make up for the cool waters and cool reception G Pool’s muskie have provided so far. We have however enacted extra measures not normally within scope of this program in order to maximize our chances for a successful egg collection next week.

First, as of yesterday (Thursday May 12)we left the nets open and will fish them for by-catch (not muskie) on Saturday. Come Monday, we will be out in full force, expecting to collect eggs. With the warm latter part of this week leading up to a stormy and cooler weekend, followed by warmer temps again next week … we finally believe all the stars are aligning perfectly to help guarantee success.

Stay tuned for  next week’s report … and have a good pike opener for those of you chasing these toothy critters this weekend.

Egg Collection – Week 3

Wil Wegman
<°))))><
Resource Management Technician
Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry
Aurora District- 905-713-7730

May 6 2016

Ok … Sometimes Mother Nature throws us a curve and I swear wants to test our fortitude … and that’s exactly what continued week 3 of our muskie trapnetting/egg collection program on G Pool! As outlined last week, in order to maximize our staffing resources and net-fishing time, we conducted only 2 net check days this week instead of 4. Although this was unorthodox – the extremely poor catches of most other species, the low water temps and with the lack of any muskie, we felt the move was warranted.

With all this in mind, our report this week is rather short – so you’ll see more photos than text.

On Tuesday we were encouraged by the water temps as they had finally risen to above the single digit range and were now into the high 10’s and low 11’s, but unfortunately no muskie were found. A couple nets had real good catches while others were still well below par. The highlight of the day was seeing a beautiful mature bald eagle take off from a big pine near  one of our net sights … as if watching over it while we weren’t there.

That same day, we did catch some outstanding channel catfish at one net in G Pool – including this one with the unusual white markings.

trapnetting_016

Aaron Law of the Aurora District Office above and Melanie Shapiera of Aurora below, each with their own channel cats

trapnetting_015

We ended the week on Thursday with temps warming slightly but still not in the low –mid teens.  With today’s Friday) air temp already at 22 and sunny – and even warmer weather forecast for the weekend, we are very optimistic about our chances at seeing muskie in week 4. Mark Newell … the ace hatchery manager at Fleming College who has been so instrumental in the success and growth of the muskie stocking program, reminds us that, “In 2014, it was a late start and we got eggs May 12, 13 and 15 … and that all ended up good.”

trapnetting_014

MNRF Conservation Officer Intern Michael Evers of Aurora District was able to gain some valuable hands on experience with the crew on Thursday and holds one of several nice largemouth bass caught and released from the trap nets. Below Graham Findlay of Midhurst with a nice smallmouth

 

trapnetting_034

trapnetting_035

Eva Bobak of the Aurora MNRF office  with a good sized smallmouth bass, while Brent Shirley (Midhurst) fills in the data collection sheets

 

 

 

One constant with this muskie netting program is a steady number of northern map turtles of various sizes that we see and catch. Below are Aaron and Mel – one with the turtle and another with a largemouth bass. I trust I don’t have to explain which is which.

trapnetting_011

This Sunday, May 8th …  Melanie and I will open nets … and crews will be fishing them for the full four days all of next week. Expectations are high for week 4 so we hope this time next week the Muskie Trapnetting  Update will be full of great news.

Have a great Mother’s Day Weekend!